lunes, 6 de abril de 2009

Mi felatriz idolatrada / Ma fellatrice idolâtrée (de Fernando Arrabal)

Sí, es una depravación que te lama tu falo.
Sí, es un horror que mis principios quebrante.
Sí, es una guarrería que te chupe el meato.
Sí, es una incongruencia que por amor lo haga.
Sí, es una insalubridad que me trague tu esperma.
Sí, es una aberración que a tu sexo me incline.
Sí, es una debilidad que libre me someta.
Sí, es un sacrificio de saliva y de alma.
Sí, es una contradicción sofocarme de amor.
Sí, es un desatino que a tu vientre me pliegue.
Sí, es una inmoralidad que me coma tu sable.
Sí, es un disparate que mi boca sea coño.
Sí, es un gran pecado que incluso Dios condena
…por los siglos de los siglos.


Me gusta ser eterna para tu tiempo y tu celo.
Me gusta ser estrecha en mi nicho de senos.
Me gusta irrumpir con un dedo en tu ano.
Me gusta preceder tus ganas más perversas.
Me gusta babearte mientras tus bolos sobo.
Me gusta succionar inmóvil “à pleine bouche”.
Me gusta ser tu droga del mundo más inmundo.
Me gusta que mi culo sea cacho de tu cielo.
Me gusta que a mi cuerpo le dictes tu capricho.
Me gusta que mi lengua se cubra de pimienta.
Me gusta que en mi boca te cune mi adentro.
Me gusta que me plantes tu cuchillo en mi velo.
Me gusta provocar la explosión de tu zumo
… por los siglos de los siglos.




Me siento realzada cuando a tu sexo bajo.
Me veo deseada cuando tu daga enardezco.
Me juzgo disoluta por mi ritmo lascivo.
Me place que dirijas mi nuca con tus manos.
Me hago mariposa con tu músculo en fiebre.
Me encanta la impudicia de besarlo sin fin.
Me llena corromperme para atizar tu vicio.
Me priva encanallarme con tu flor en mi glotis.
Me chifla rebañar lo negro de tu pozo.
Me excita regularme por regla de tu éxtasis.
Me enloquece fumar con tu filtro de amor
…por los siglos de los siglos.


Tu mazo rezumando… ya tocas campanilla.
Mis labios le menean… ya vives en la gloria.
Envuelto por mi frote… ya visionas edenes.
Trenzado de caricias… ya sueñas imposibles.
Palpitando animal… ya vuelas al nirvana.
Por el cielo de boca… ya corres al misterio.
A mi cara penetras… ya cautivas la imagen.
En espera del éxtasis…ya lo pospones siempre.
Tu cola es lo primero… ya tiembla el universo.
Las lágrimas de gozo… ya llegan gota a gota.
Tu rocío de néctar… ya riega mi garganta.
Comulgamos unidos… a dos y para siempre
… por los siglos de los siglos.


T.S. Fernando Arrabal, Bolonia, noche del 6 al 7 de Jetas de 136 de la E.
’P. (del 31-I al 1-II-09 ‘vulgaris’), Santa Facha postulante y San Jeta abad


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Oui, c’est une dépravation de lécher ton phallus.
Oui, c’est une horreur d’enfreindre mes principes.
Oui, c’est une cochonnerie de sucer ton méat.
Oui, c’est une incongruité de le faire par amour.
Oui, c’est une insanité que d’avaler ton sperme.
Oui, c’est une aberration de me pencher sur ton sexe.
Oui, c’est une faiblesse d’abdiquer ma liberté.
Oui, c’est un sacrifice et de salive et d’âme.
Oui, c’est une contradiction d’étouffer par amour.
Oui, c’est une absurdité de me plier à ton ventre.
Oui, c’est lubricité que d’engloutir ton sceptre.
Oui, c’est une folie que ma bouche soit vulve.
Oui, c’est un grave péché que même Dieu condamne
…dans tous les siècles des siècles.


J’aime être éternelle pour ton temps et ton rut.
J’aime t’accueillir entre mes seins pressés.
J’aime avec mon doigt envahir ton anus.
J’aime prévenir tes désirs les plus pervers.
J’aime te sucer, immobile, à pleine bouche.
J’aime en même temps caresser tes jumeaux.
J’aime être ta drogue du monde le plus immonde.
J’aime que mon cul te soit un coin de ciel.
J’aime qu’à mon corps tu dictes tes caprices.
J’aime que ma langue se tapisse de poivre.
J’aime que ma bouche te berce au plus intime.
J’aime que tu plonges ton couteau dans mon voile.
J’aime provoquer l’explosion de ton suc
…dans tous les siècles des siècles.


Je me sens rehaussée, abaissée vers ta tige.
Je me vois désirée quand j’échauffe ta dague.
Je me juge avilie par mon rythme lascif.
J’aime que tu gouvernes ma nuque de tes mains.
Je me fais papillon pour ton muscle enfiévré.
Je suis si impudique, de le baiser sans fin.
J’exulte, corrompue, pour attiser ton vice.
J’adore m’encanailler, ton gland touchant ma glotte.
Je raffole de lécher la noirceur de ton puits.
Je m’enflamme en suivant la règle de l’extase.
Je m’enivre, en fumant, de ton filtre d’amour
….dans tous les siècles des siècles.


Ton épée suintante… atteint le carillon.
Elle roule entre mes lèvres… tu vis au paradis.
Je l’enveloppe et frotte… tu perçois des édens.
L’enrobe de délices… tu rêves l’impossible.
Elle palpite, animal… tu es au nirvâna.
Grâce au ciel de ma bouche… tu parcours le mystère.
Pénétrant mon visage… tu captures l’image.
En attente de l’extase… toujours tu la retardes.
Au commencement: ta queue… et tremble l’univers.
Puis les larmes de joie… qui perlent goutte à goutte.
Et ton nectar de lait… vient arroser ma gorge.
Nous communions unis… tous deux et pour toujours
…dans tous les siècles des siècles.


Fernando Arrabal, Bologne, nuit du 7 au 8 Gueules de 136 de l'E. ’P. (du 1er
au 2-II-09 ‘vulgaris’), Saint Gueule abbé et Fête de la Chandelle Verte.